LISBONNE, dimanche 8 juin 2008
Le soleil est toujours de la partie, ce qui permet à ceux qui le souhaitent de prendre leur petit-déjeuner sur le pont du bateau. Un auditoire attentif est allé écouter la passionante conférence du professeur Amalric intitulée : « De saint Jacques à Santiago : Mythes et réalités. » Cette matinée de navigation nous a donné l’envie de faire un petit sondage « micro-coursives » pour recueillir quelques témoignages de passagers : Céline, qui a déjà fait deux croisières avec Pèlerin, est venue spécialement de La Réunion pour faire ce voyage. Elle partage sa cabine avec deux autres dames réunionnaises (et c’est l’entente cordiale). Céline apprécie beaucoup son Père accompagnateur, le Père Nicolas ; la fatigue de l’étape à Grenade fut vite effacée par l’intérêt et la beauté de ce qu’elle a visité. Deux amis, Jean et Jean-Jacques (de la région parisienne) partent, pour la première fois avec Pèlerin. Satisfaits par le début de la croisière, ils attendent avec impatience les étapes de Fatima et Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce qui rejoint les témoignages de Cathy (Marseille) et de Colette (région parisienne). Elles ont les yeux qui brillent en parlant de Montserrat et évoquent avec émotion l’office religieux dans la cathédrale de Séville. Quant à Louis (Hérault), c’est sa troisième croisière. Il rêvait de connaître avec sa femme l’Espagne du sud et ce qu’ils découvrent comble leur attente. Anne-Marie (région parisienne) a déjà fait une croisière avec le Père Vincent Cabanac, le directeur spirituel de notre croisière. Après avoir envisagé un pèlerinage en Terre sainte, elle s’est finalement inscrite sur cette croisière et est satisfaite par la première partie du voyage. Le temp du déjeuner, l’ancre avait éte jetée à Lisbonne et nous sommes partis pour la visite de la tour de Belem qui, depuis le début du XVIe siècle, a défendu le monastère des Hieronomythes. Ce chef-d’oeuvre de l’art manuelin est sans doute le monument le plus considérable de la ville.
Nous avons visité la cathédrale et le cloître avant la célébration de la messe, dont l’homélie a été assurée par le père Vincent Cabanac.
De retour sur le bateau, une brillante intervention de Mgr Defois (lire ci-dessous) a rassemblé une majorité de pèlerins : il a brossé une passionnante analyse de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain, avec réalisme et confiance. La journée fut encore riche et bien remplie. Demain, ce sera l’étape très attendue par une majorité de personnes : le sanctuaire marial de Fatima.
Claudine Daynac
Pas si fragile, l’Eglise !
Le 8 juin, au retour de Lisbonne, Mgr Gérard Defois, archevêque émérite de Lille, nous a donné une conférence vibrante d’espérance sur l’avenir de l’Eglise. Son titre : « L’avenir de l’Eglise et l’Eglise de l’avenir ; la rencontre des autres. » En voici quelques extraits pris sur le vif.
L’avenir de l’Eglise, une question récurrente
« Il n’y a pas qu’aujourd’hui que l’on se pose la question de l’avenir de l’Eglise… Sous Charles X déjà, un ministre avait dit : « l’Eglise n’en a plus que pour 5 ans » ! (…) Qu’est-ce que cela veut dire, « l’avenir de l’Eglise » ? L’Eglise n’a pas plus « d’avenir » aujourd’hui qu’elle n’en avait en 1940… En revanche, elle a à recevoir un avenir. Et à être portée par l’Esprit Saint. »
Hier, un monde protégé
«Pendant mes années d’enfance et de jeunesse, nous vivions dans un climat d’espérance, protégé, sûr de lui-même. Lors des premières communions, les enfants de l’école laïque avaient droit au banc du fond… Je n’ai rencontré un incroyant pour la première fois qu’au service militaire, à 21-22 ans ! C’est le Concile qui nous a ouverts à la rencontre des autres ».
De nouveaux rendez-vous à inventer
« On parle de « rupture des traditions », de « baisse de la pratique»… En réalité, d’autres choses apparaissent, autrement : aujourd’hui, par exemple, un certain nombre de jeunes chrétiens sont issus de milieux non pratiquants ; des musulmans se font baptiser… Entre croyants et non croyants, la frontière s’est faite beaucoup plus poreuse qu’autrefois. On dit que les églises sont vides ? Oui et non : autrefois, nous étions dans une situation de stabilité, de continuité, de répétition. Tout le monde passait le dimanche dans le territoire de la paroisse. Aujourd’hui, la mobilité domine. Les églises ne sont pas vides, mais elles se remplissent… de temps en temps. »
Quelle place pour les jeunes ?
«Dans nos communautés, quelle place donnons-nous aux jeunes pour que ces derniers soient acteurs de la prière, de la vie collective ? Les jeunes ne sont plus des enfants ! Ils ont un besoin spirituel, mais notre Eglise est trop bavarde, trop agitée, nos liturgies trop stéréotypées. On veut faire du « zinzin », des « trucs qui tournent » pour attirer les jeunes. Mais eux, ce qu’ils veulent, c’est du temps, ne pas être stressés… Par exemple, à Lille, nous avons la «messe qui prend son temps », le dimanche soir, de 18h à 20h (…) A Taizé également, les jeunes ont redécouvert le silence, la prière. Si cela est appuyé, des continuités s’ébauchent. »
Moins de prêtres ? Embauchons !
Il y a 50 ans, il y avait 1800 prêtres dans le diocèse de Lille, 600 il y a 10 ans, 400 en 2008… Dans cette situation de nouveauté, il faut cesser de penser seulement en termes de remplacement des prêtres. A la manière des mouvements d’action catholique en leur temps, ou des communautés nouvelles dans les années 70, il nous faut inventer quelque chose de nouveau, d’original, une autre type d’Eglise, qui ne sera pas celle du clocher du village (…). Déjà, des laïcs assurent quantité de services : accompagnement des funérailles, etc. Il y a là des chances à raviver (…).
L’Eglise, ce n’est pas l’affaire des prêtres, c’est la vôtre et la mienne ! Grâce au Concile, on a réinventé les diacres. On réinventera d’autres ministères. Il faut que notre Eglise soit une Eglise de partenaires, qui embauche et qui arrive à donner des responsabilités. A deux conditions : que l’on prenne un engagement à vie, et que cet engagement soit porté par une vie de prière personnelle.
Une épreuve de vérité
« Ce que nous vivons –sécularisation, rupture des transmissions…- est une épreuve qui nous renvoie à notre identité, mais une identité fondée sur la présence intérieure de Dieu en nous. C’est sur cette intériorité, sur ce coeur de l’homme qu’il importe de bâtir une vie d’Eglise. Si notre coeur est rempli d’amertume, d’orgueil déçu, nous ne pouvons pas aimer Dieu et notre frère (…). Nous avons trop voulu appliquer à l’Eglise des méthodes de marketing. Dans l’évangile de la moisson abondante, l’apôtre est d’abord quelqu’un qui récolte, ce n’est pas forcément un laboureur ! Le travail d’annonce de la foi, il est fait par l’Esprit Saint (…). Nous, chrétiens, voulons trop faire pour avoir la conscience droite. Une de nos fautes, c’est de ne pas croire assez à la force de Dieu et de l’Esprit Saint. Or ce qui est capital, c’est ce souffle de l’Esprit qui ressurgit à l’heure actuelle.
A la rencontre de l’autre
Nous sommes face à un monde qui nous pose des questions redoutables sur l’euthanasie, l’avortement, l’homoparentalité… Face à ces questions, l’Eglise cherche à souligner des valeurs fondamentales. Voulons-nous rencontrer l’autre dans sa maladie, sa souffrance, ses erreurs ? Dans un monde qui a un problème très profond de culpabilité, sommes-nous des artisans de paix, au service de la réconciliation ? Notre responsabilité est d’être des gens qui portent un regard d’espérance sur les autres : « va, et ne pêche plus »… Des gens qui ont la passion de construire et de reconstruire. La foi chrétienne, ce n’est pas d’abord d’aller à la messe le dimanche : elle est dans cette passion de la résurrection de l’autre, spécifique de l’Evangile.
propos recueillis par Maryvonne Buss
10/06/2008



10/06/2008 à 15:19
Il ne manquait plus que les photos pour parfaire ce blog…..
Je vois que Thérèse, ma maman, marche d’un pas décidé malgré la chaleur.
à bientôt,
Colette
11/06/2008 à 10:46
bonjour à nos trois anciennes madame nuytten,medame pennel et ninette decamps
le blog permet de suivre votre beau voyage
en espérant que le soleil ne vous a pas trop fatiguées
profitez en bien
bises de nous tous et nous sommes nombreux ( 2 à rouen, 2 à apris,5 à beauvais, 4 à rosult, 6 à lambersart,2
à areches , 4 à mons)
christiane
12/06/2008 à 22:29
Je crois bien que je suis très en retard, c’est un coup à rater la prochaine correspondance pour l’escale du bout du monde. Qu’importe, ce soir j’irai au bout de la rue, c’est beaucoup moins loin mais l’on peut s’y sentir comme au bout du monde.
L’important c’est d’emmener avec soi tous les bagages et souvenirs qui ne rentre pas dans une valise. Si possible prenez une grande valise, tassé la bien, asseyez vous dessus pour tenter de la fermer, et si elle ne ferme toujours pas, utiliser des tendeurs. N’oubliez pas de coller quelques autocollants dessus, si possible des autocollants exotiques… voila votre valise est prête. Vous pouvez partir pour le bout du monde du bout de la rue.
Demain nous irons au bout de la rue au bout du monde… en bateau bien sur.